À propos de ce que je fais là

À propos de ce que je fais là

 © Alisa Vladimirovna

© Alisa Vladimirovna

Je prends un nouveau départ sur ce blog, et c’est comme si je me lançais à l’eau, mais dans une eau un peu trop froide à mon goût. J’utilise normalement l’écriture comme une sorte de thérapie régulière. C’est une pratique qui me permet de mettre les choses à plat et surtout de les poser afin de pouvoir les mettre de côté dans ma tête et d’éviter qu’elles me reviennent de façon récurrente avec un sentiment d’inachevé. C’est aussi un bon moyen d’immortaliser des moments en me concentrant sur mon ressenti et mes réflexions. Je fais en sorte que l’écriture ne soit d’aucune contrainte, j’écris mon flot de pensées sans trop y réfléchir à l’avance, je me censure le moins possible et tout ça en essayant d’être précise et claire. C’est très souvent que je me replonge dans un récit datant de quelques mois après avoir fini d’en écrire un nouveau. Et j’apprécie de lire ma reconnaissance, ma joie, ma tristesse, de voir comment les situations ont évolué. C’est encore plus précieux qu’une photographie car c’est profond et intime. Les mots m’aident à me souvenir et me donnent l’impression de profiter encore plus de l’instant en lui donnant une dimension physique. C’est comme un classement de mes aventures et une fois fini, je me sens en place, ordonnée.

Mais finalement si j’écris ici ça n’est pas pour démontrer ma profondeur, absolument pas. Si j’écris ici c’est parce que je crois que dans la vie on doit faire ce qu'il nous plaît, ce qui nous rend heureux et nous donnera assurément du plaisir. Une de mes occupations favorites depuis maintenant quelques années est la lecture de blog et de magazines. Ces derniers sont comme des objets fétiches. Je les accumule et je peine à m’en séparer. C’est assez flagrant lorsque l'on constate l'ampleur qu'a prit ma collection de Vogue que je garde scrupuleusement depuis cinq ans. Mais il en est de même avec des gratuits comme Mint, ils sont si beaux que je les garde comme des livres. Et ils m’apportent autant qu’un bon roman. 

Les blogs, malgré leur immatérialité, ont un impact tout aussi conséquent sur moi. J’ai découvert des femmes géniales à travers leur blog et dans la transparence de leurs mots. Qu’elles parlent de leur nouvelle façon de porter leur chemise, d’une conversation avec une amie ou d’une expérience ratée, je les trouve inspirantes. Pas seulement par leurs faits mais en particulier par leur façon de raconter, de jouer avec les mots en gardant un ton qui ne lasse pas. Je ne dis pas que je saurais le faire à mon tour. Je suis pourtant certaine de ma capacité à raconter tout et n’importe quoi. Envoyez-moi chercher le pain au bout de la rue et vous pouvez être sûr que j’aurai une ou deux histoires à vous raconter. Des choses simples, une odeur revigorante, les paroles d’un inconnu qui m’auront amusée, le menu appétissant d’un restaurant, le ciel bleu. Je ne sais pas garder ce genre de choses pour moi, j’ai comme un besoin de partager ce qui me fait sourire.

En théorie le fond n’est donc pas un soucis, c’est plutôt la forme qui reste à valider. Et en fait c’est bien plus complexe que ça dans ma tête. J’ai une sorte de timidité digitale qui fait que j’ai la trouille d’écrire ici. J'ai peur qu’on me juge, qu’on me trouve ridicule de raconter des futilités. Ou pire, qu’on se rende compte que je fais des erreurs parfois, de goût ou d’orthographe. Alors d’un coup je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus sur quoi blablater. Qu’importe la forme, je n’ai même pas de sujet. C’est ça l’excuse qui fait que depuis neuf mois je n’ose pas poster ici. Mais aujourd'hui je me lance à l’eau, j’essaie et pour être plus juste je dirais même que je m’entraîne.

 

Minimaliste malgré moi

Minimaliste malgré moi