Minimaliste malgré moi

Minimaliste malgré moi

 Laetitia Casta incarnation du minimalisme, par André Carrara en 1999

Laetitia Casta incarnation du minimalisme, par André Carrara en 1999

On parle du minimalisme à tord et à travers et je suis consciente que j’abuse moi aussi de ce mot rien qu'en le plaçant dans mon titre. Quel fantasme ce minimalisme ! La beauté par la pureté, l’éblouissement par le rien. C’est beau, seulement c’est au “quotidien” qu’il fait référence dans ce fameux titre. Et c’est plutôt de ça dont je vais vous parler aujourd’hui : comment mon style de vie - si l'on peut appeler ça ainsi - a évolué de manière simple au cours de cette année passée. Et c’est ma façon de vivre la vie d’étudiante qui en est pour cause - et peut être une certaine forme de flemmardise, aussi.

Parlons des vêtements d’abord. Il faut comprendre avant tout que mes comportements de consommation dépendent de mon budget limité ainsi que de l’espace restreint disponible dans ma chambre, le b.a.-ba de l’étudiante parisienne - et attention, je vous parle de celle qui a migré de la province et vit dans un 10 m². J’ai toujours particulièrement aimé l’idée de trouver mes essentiels et de m’y tenir. De me construire un uniforme flatteur et facile tout en étant certaine qu'il reste dans l'air du temps. Mais la garde-robe minimale ne s'acquière qu'avec de l'expérience, et malgré que la mienne soit encore légère, j'en ai déjà appris à ce sujet. J’aime les vêtements avec passion mais pas dans le but d’en faire une collection sans fin en les accumulant. Ce qui m'intéresse c'est cette maîtrise du vêtement - qui mène à la connaissance et l'acceptation de soi-même - l'art de savoir porter la même chose sans la rendre ennuyeuse. Il m’arrive de sauter hors de mon lit alors que je suis déjà couchée car une idée de tenue vient d’agiter mon imaginaire stylistique. Cette maîtrise dont je vous parle est basée principalement sur le fait de savoir exploiter un vêtement à son maximum. C'est d'ailleurs souvent que des pièces que je possède depuis un bout de temps déjà soient celles qui me rendent le plus créative. En les portant avec un nouveau bijou, en les découpant ou en les associant à un autre vêtement, c'est comme si je leur donnais une renaissance qui les rend intemporelles.

Le constat est simple, je porte souvent les mêmes pièces et c’est le détail toujours changeant ou la coupe parfaite qui me permettent de ne pas m’en lasser. Et c’est comme ça que je finis par véritablement affectionner mes vêtements. J’aime l’idée qu’ils fassent partis de mon identité physique. Au lycée et plus particulièrement à l’internat, je partageais mon armoire avec cinq autres filles - jusqu’au jour où quelques pièces furent définitivement bannies de ce libre-échange infernal. Mon blazer légèrement oversize, mon jean taille haute noir, ma marinière. C’était comme si elles portaient un bout de moi. Même elles étaient conscientes que j’allais obligatoirement être rattachée à certaines pièces lorsqu'on les reconnaîtrait sur elle tellement elles étaient miennes. Ce sont bien sûr ces pièces que l’on porte sans se poser de question car on les connaît par cœur, on sait avec quoi les marier et il n’y a jamais d’erreur, c’est d’une simplicité absolue. Et c’est ce que je recherche dans la construction de ma garde-robe.

Pour réussir au mieux, je fais preuve de sélection. J’achète par coup de cœur ou par besoin, et plus seulement en fonction d'un prix - très - intéressant  ou par tendance. J’acquiers une pièce lorsque je suis sûre qu’elle me sera utile et que je prendrai du plaisir à la porter pendant une période indéfinie. Il faut parfois savoir calmer son enthousiasme d’acheteuse compulsive et dire non lors du vide-dressing annuel d’une amie - sauf si cette amie s'appelle Carrie Bradshaw, évidemment. Lorsque je ne suis pas sûre qu’une pièce soit un coup de cœur, je la laisse sur son portant et j’attend. Si dans les jours qui suivent je me surprends à y penser, à me dire qu’elle manque à ma sélection rêvée, je file l’acheter. Mais ça n’arrive pas souvent. Il ne faut pas oublier de savoir se contenter de ce que l’on a et d'appliquer rigoureusement le buy less, wear more - parole d’étudiante à petit budget !

Sonia savait déjà

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À propos de ce que je fais là

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