À propos de mon stage

À propos de mon stage

  Tatjana Patitz par Pamela Hanson pour le Vogue US d'octobre 93

 Tatjana Patitz par Pamela Hanson pour le Vogue US d'octobre 93

 

Cela fait une semaine que j’ai repris les cours. Je n’ai pas vu passer  cette rentrée, mais c'est très positif car je suis pleine de projets, de motivation, d'envie d’apprendre. Par chance, je suis aussi pleine d'énergie bien qu’il y a une semaine, j’étais encore en stage. J’enchaîne ces deux périodes aux rythmes différents sans même penser à me plaindre, j’aime quand la vie est remplie - même si une pause était toujours la bienvenue.

Ce stage donc, a duré trois mois. Je serai volontairement floue sur l’entreprise où je l’ai fait, je dirai seulement que c’était une petite société où je me suis sentie très bien accueillie et où j’ai eu l’opportunité d’occuper un poste multifonction qui m’a appris quelques leçons. Voilà les cinq points que j’aimerais retenir.

Je me suis découvert un talent, la photographie - et ce n’est pas moi qui le dit. Après quelques essais de photos de produits (plus ou moins créatifs), on a complimenté mon œil pour repérer les endroits intéressants, la lumière que je savais capter et diriger. J’étais étonnement surprise car ce savoir ne m’a pas été enseigné, c’est plus ou moins instinctivement que je prends des photos. Je suis très observatrice et souvent la beauté de ce que je vois me donne l’envie folle de l’immortaliser par une photo. Pourtant je n’ai jamais trop réfléchis à l'acquisition d'un appareil ou quoi que ce soit, je me contentais de mon téléphone sans broncher car je me suis même souvent imaginée mauvaise en photographie. Je pensais cela car je ne m’étais jamais intéressée à la technique et j’avais sûrement tort, c'était un manque de confiance en moi. Honnêtement, si mes clichés ne sont pas trop mauvais c’est parce que je prend mon temps, que je m’inspire du style des photos qui ont pu me plaire et qui m’ont marquée pour les reproduire. Je me sens donc plus légitime à photographier maintenant, même si ce n’est que pour mon instagram...

C’est en pratiquant qu’on apprend, et c’est en pratiquant beaucoup qu’on commence à maîtriser. Si cette phrase ne peut que légèrement s’appliquer à mes talents de photographe, elle est plus justement reliable à mon utilisation du logiciel Photoshop. J’avais quelques bases au début de mon stage qui se sont solidifiées au cours du temps. La retouche couleurs des photos, le détourage, le montage des lookbooks et autres m’ont appris à l’utiliser avec davantage de fluidité. Je ne me suis pas mise à la création from scratch, mais je me suis améliorée dans la retouche en général. J’ai renoué avec le plaisir que j’avais au collège sur Photofiltre. Je passais des heures à découvrir le logiciel à travers forum et tutoriels. La connaissance de ce genre de logiciel est un véritable atout sur un CV, je ferai donc en sorte de la cultiver.

J’ai détesté appeler des inconnus. J’ai dû téléphoner à nos clients français pour prendre rendez-vous, pour les relancer sur des commandes et je mourrais d’angoisse à l’idée de me faire rembarrer. Étrange de réagir ainsi face à des gens que je ne connaissais même pas personnellement - et qui n’avaient aucune raison de mal me répondre. C’était pourtant la chose que je remettais le plus souvent au lendemain, lorsque j’étais obligée de le faire et que toutes mes autres occupations étaient épuisées. C’est seulement le dernier jour que j’ai compris. J’en étais arrivée à appeler une cliente italienne. Buongiorno le calvaire à l’idée de parler une langue étrangère sans voir mon interlocutrice. Pour cet appel, je suis sortie. J’ai compris que la chose qui me bloquait le plus, c’était la peur de me faire juger. Mais au final, ce n’était pas le jugement des personnes au bout du fil qui m’embêtait mais plutôt celui de mes collègues qui m’entouraient. Eux pourtant, ne me jugeaient absolument pas. Ils étaient plutôt heureux et reconnaissants que je me charge de cette tâche si peu plaisante. Mais c'était ça qui m’empêchait de me détendre. Je suis donc allée dehors, au soleil, j’ai respiré et je me suis rappelée que ce n’était qu’un coup de téléphone, relax.

Les collègues et l'environnement de travail sont primordiaux au bon déroulement d'un stage. Ce sont eux (en plus des choses que l’on a à accomplir évidemment) qui donnent sens au travail et qui donnent l’envie de continuer. Ma première expérience professionnelle me l’avait déjà appris. Et ce stage l’a confirmé. Même lorsqu’une journée me semblait peu prometteuse en sortant de chez moi, la compagnie de mes collègues suffisait à m’égayer. Le lieu était loin d’être le meilleur pour travailler faute de place et d'équipements - aléas des petites entreprises ! Mais j’ai beaucoup ri, j’ai passé mon été entourée de personnes qui m’ont humainement apporté et je pense que c’est un des critères principaux permettant l’épanouissement professionnel.

Cette première expérience m’a donc montré mes goûts en terme de travail. J’ai pu observé ce qui me donnait du plaisir, et ce qui, au contraire, me faisait fuir - comme passer 7 heures sur Photoshop, sortir avec les yeux épuisés et un sentiment de vide. Pourtant ce ne sont pas ces points négatifs qui clôtureront cet article. Non, je finirai plutôt sur la passion qui m’emplissait lorsque j’ai pris l’initiative de créer un dossier de presse pour la marque. J’ai créé l’intégralité de son contenu. Le design du dossier, les textes de présentation. Les textes, ce sont eux que j’ai le plus aimé créer. J’y ai passé beaucoup de temps afin que chaque mot soit à sa place tout en étant fidèle au brief qui m’avait été donné. J’aime beaucoup le fait d’élaguer son écriture, d’apercevoir son style et d’être finalement fière de son travail.

 

Sélection obsession

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À propos de ce début de Fashion Week parisienne

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