Comment vivre le 3e arrondissement de Paris

Comment vivre le 3e arrondissement de Paris

 Azzedine Alaïa et le mannequin Frederique dans le Marais, pour Vogue Paris en 1986  par Arthur Elgort/Conde Nast/Contour by Getty Images

Azzedine Alaïa et le mannequin Frederique dans le Marais, pour Vogue Paris en 1986  par Arthur Elgort/Conde Nast/Contour by Getty Images

Après vous avoir parlé de mon attachement pour le 3e arrondissement de Paris, j'ai décidé de vous le faire découvrir à travers mes adresses favorites. Ceci est donc un guide du 3e débordant sur le 4e et le 11e, pour manger, pour boire, voir pour se cultiver. Sans risquer la crise d’angoisse à l’approche du serveur quand il vous apportera l’addition.

L’As du Falafel (mais Chez Hanna, 54 rue des Rosiers marche aussi, à quelques mètres, beaucoup moins de monde et cinquante centimes de moins). Prendre un falafel (au 32) rue des Rosiers est un incontournable du Marais. A emporter et à déguster dans un parc juste à côté, en prenant soin de demander qu’on enlève les oignons rouges pour éviter d’être conscient de son haleine toute la journée. Pour les parcs, il y en a un plus loin sur le même trottoir dans la rue des Rosiers (le Jardin des Rosiers, dont l’entrée est peu visible car il faut passer un portail) et un autre, le Square Charles-Victor-Langlois, 6 rue des Blancs Manteaux. Si ce dernier est fermé à cause des rats, les marches de l’église, qui passent inaperçues un peu plus loin dans la rue, feront très bien l’affaire. NB : bien qu’il y ait souvent une file d’attente impressionnante devant l’As, l’organisation est telle que l'on n’attends pas tant que ça au final. Ça vaut le coup de le faire au moins une fois, ou alors de venir en dehors des heures de pointe. On peut aussi prendre des falafels seuls (boulettes de pois chiches qui donnent leur nom au sandwich) en suppléments. Elles coûtent trois euros et c’est une bonne façon de rendre un plat intéressant quand on ne sait pas quoi cuisiner.

DON’S, 5 rue des Ecouffes. Pour des bentos à prendre à emporter le midi (le lieu est minuscule et peu lumineux); une bonne alternative au falafel si on se dégonfle au dernier moment face à la file d’attente.

L’improbable café, 5 rue des Guillemites. Cet endroit a été mon QG pendant tout l’été. L’ambiance et les serveurs sont très sympas et le lieu porte particulièrement bien son nom grâce au mobilier dépareillé. J’y allais pour ses salades et burratas crémeuses mais j’y retournerai en hiver pour une part de gâteau généreuse et un cappuccino. Je n’ai encore jamais testé leur brunch mais il n’est pas très cher par rapport aux prix habituels.

Les mots à la bouche, 6 rue Sainte Croix de la Bretonnerie. Cette librairie dotée d’une spécialisation en littérature LGBT (mais pas que, on y trouve de tout !) est géniale. Quand on y rentre, on a envie de tout lire et d’y passer des heures. En plus, les conseillers sont très agréables et serviables, et c’est drôle de les voir chercher pour nous au milieu de tous ces livres.

Banoï, 129 rue Amelot. C’est un lieu minuscule que je conseille de fréquenter en semaine le midi à des horaires décalés (pas à treize heure pétante quand tout le monde prend sa pause déjeuner quoi). Alors, je sais qu’on n’est pas forcément chez soi en semaine le midi, mais pendant des vacances ou des jours de congés, ça peut très bien faire l’affaire ; et les week-ends et soirées ne sont évidemment pas exclus. En tous cas ce petit resto propose une formule du midi entrée + plat à moins de dix euros où on peut déguster des rouleaux de printemps faits avec amour et accompagnés de plein de sauces différentes (il faut toutes les goûter !).

L’Aller-Retour, 5 rue Charles François Dupuis. Même chose pour les moments les plus propices pour la fréquentation de ce restaurant. C’est surtout que la formule à onze euros quarante (plat + deux accompagnements + vin) n’est disponible que le midi du lundi au vendredi. Comme son nom le laisse entendre, ce lieu est spécialisé dans la viande. Il n’empêche que les salades proposées en plat du jour sont généreuses et créatives et que les frites toutes fines servies en accompagnement me donnent toujours envie d’y retourner.

Hank Burger, 55 rue des Archives. Le concept est simple, ce sont des burgers entièrement végétaliens, « fromage » compris. Hyper rassasiant et réconfortant, c’est de la junk food rendue saine, tout ce que j’aime. Même les adeptes du steak sont contents tellement c’est bon. Il peut y avoir un peu de monde mais il ne faut pas s’impatienter, la salle à l’étage désemplit vite et le service est rapide. Il existe aussi un Hank Pizza au 18 rue des Gravilliers, mais après une première expérience peu convaincante, il me semble qu’il est plus sage de s’arrêter à l’expérience du burger.

Pink Flamingo, 105 rue Vieille du Temple. Si toutefois l’envie de pizza persiste, il y a Pink Flamingo, mes anciens voisins. Pour ne pas faire éclater le budget, la Dante fera l’affaire. Comme une Margarita, elle assouvie nos envies de gluten tout en respectant l’Italie. L’endroit n’est pas bien grand non plus, c’est le haut Marais alors il ne faut pas s’étonner. Mais c’est aussi une bonne raison pour prendre à emporter et gagner un ou deux euros sur l’addition. Et s’il fait trop beau pour rentrer, il n'y a qu’à se retourner et se ruer dans le square de la rue Vieille du Temple (le Jardin de l’Hôtel Salé) où les enfants font la loi, mais où on peut surtout déjeuner avec une vue sur le Musée Picasso.

Musée Picasso, 5 rue de Thorigny. Tant qu’on y est, autant y aller. Et puis qui n’aime pas le cubisme ? Ce musée est gratuit pour les moins de vingt-six ans, et renouvelle souvent ses expositions. La dernière à laquelle je me suis rendue était hyper complète. En plus, si encore une fois il fait vraiment trop beau pour rentrer, il y a une terrasse qui, en plus de taper sur les nerfs et les oreilles des plus de soixante-cinq ans vivant aux alentours, est un très bon spot pour ne rien faire et boire un jus de fruit. La carte ressemble à celle d’un stand d’aéroport mais la vue architecturale en vaut le détour.

Galerie Perrotin, 76 rue de Turenne. C’est une galerie mondialement connue qui présente des artistes de grande renommée. Le bonheur, c’est qu’ils ont des exclusivités de ces artistes, que l’endroit est splendide et grand (on a l’impression qu’il est presque confidentiel car il faut sortir dans une petite rue pour aller dans le deuxième bâtiment dédié aux expositions), la librairie parfaitement remplie et puis, c’est gratuit pour tout le monde. C’est d’ailleurs le cas de toutes les galeries du quartier. Je vous conseille celles de la rue du Perche et de Poitou, la Thaddaeus Ropac au 7 rue Debelleymes et un peu plus loin la Galerie Sakura, 21 rue du Bourg Tibourg.

Amorino, 31 rue Vieille du Temple et 43 rue de Bretagne. Absolument pas original puisque la chaine existe partout à Paris et en Europe, mais ces glaces restent hypers bonnes et même si elles ne sont pas données, ce sont les moins chères du quartier. Quand on aime on ne compte pas, donc les jours de grosses chaleurs, ne pas se laisser impressionner par la file d’attente.

Glace Bachir, 58 rue Rambuteau. Plus original qu’Amorino, ce sont des glaces libanaises servies par des sœurs. Tous les parfums sont délicieux alors ça ne vaut pas le coup de perdre son temps à choisir celui qu’on préfère. Le mieux étant d’y retourner plusieurs fois.

Maison Aleph, 20 rue de la Verrerie. On reste dans un thème oriental avec ses pâtisseries syriennes. Si vous avez été chargés de ramener le dessert pour le dîner, ça peut être la solution. Je n’y ai pas goûté mais je fais confiance à la mignonnerie des gâteaux. En plus, l’endroit est hyper beau et bleu.

Filakia, 9 rue Mandar. On s’éloigne un peu puisque l'on remonte vers Etienne Marcel mais j’ai amené tellement de personnes différentes dans cet endroit qu’il mérite de faire partie de cette liste. On y mange le souvlaki, kebab grec cuisiné ici avec des ingrédients de grande qualité. Même chose que pour Hank Burger, c’est de la junk food rendue healthy. Pour l’accompagnement, il vaut mieux ne pas se lancer dans les pommes de terre confites au citron. C’est alléchant comme ça, mais elles n’égalent pas les potatoes. Et choisissez la sauce au yaourt, tout le monde en raffole (sauf moi qui reste au ketchup).

L’Attirail Café, 9 rue au Maire. Je n’y suis jamais allée mais il parait que les pintes sont à trois euros en happy hour. Ça peut toujours servir.

Le Chef Thaï, 59 rue des Gravilliers. J’ai pris des semaines à retrouver ce petit restaurant découvert au détour d’une balade. Les portions sont énormes et le pad thaï au point. Ça dépanne les jours de manque d’inspiration culinaire. A noter que les autres restaurants de la rue peuvent aussi être bons à tester.

Bob’s Kitchen, 74 rue des Gravilliers. Un peu plus loin dans la rue justement, Bob’s Kitchen est le parfait équilibre entre pas trop cher et healthy. Pas mal du tout le midi, bien qu'il faille trouver l’équilibre entre l’heure de pointe et l’heure où ils n’ont plus rien à servir.

Nanashi, 57 rue Charlot. Je suis passée des dizaines de fois devant sans m’arrêter et je compte vite y remédier. Même histoire que Bob’s Kitchen; healthy (mais ici avec une forte influence asiatique) et pas dangereux pour le porte-monnaie (contrairement à Wild and The Moon et Café Pinson, juste à côté). Le midi les gens s’y retrouvent pour déjeuner et l’endroit est bruyant comme une cantine, ça donne envie d’inviter ses copines (ou ses copains, ça marche aussi).

L’île Saint Louis, Place Louis Aragon et Quai de Bourbon. Quand vient le temps de prendre des verres sur les quais, c’est sur la pointe de l’Ile Saint Louis qu’il faut se rendre. Même si les rats connaissent bien l’endroit, il est tellement beau et l’ambiance si bienveillante qu’on peut y aller les yeux fermés. Si toutefois il ne faisait pas assez chaud pour boire du vin en t-shirt jusqu’à deux heures du matin, l’île reste un lieu parfait pour une balade, romantique ou non.

La Bodega 64, 64 rue François Miron, à côté de Saint Paul. Ce bar à tapas est génial. Les serveurs espagnols t’accueillent et t’emportent dans un dîner à partager, arrosé de sangria. Le calamar frit est si bon que l'on préférerait tout garder pour soi. La bonne nouvelle c’est que vous pouvez y revenir seul sans prévenir vos amis. En plus, vous aurez peut-être plus de chance pour trouver de la place.

Kyo Sushi, 9 rue de la Verrerie. Il se fait sans doute de meilleurs sushis à Paris, mais ceux-là sont très bons et les prix sont intéressants quand on réserve avec la Fourchette. Just sayin’.

Papier Tigre, 5 rue Vieille du Temple. Changement de registre pour un court instant. Si vous connaissez quelqu’un qui est fan de carnet (moi !) et de papeterie en général (papier peint inclus), c’est le bon endroit. Sympa aussi pour faire un cadeau en rapport avec Paris (ils avaient des bougies au nom de certains quartiers il fut un temps).

Yvon Lambert au 108 rue Vieille du Temple, Tom Greyhound au 19 rue de Saintonge et The Broken Arm au 12 rue Perrée. Dans mon dernier article, je vous parlais d'acheter ses magazines dans des boutiques pointues. Voilà les boutiques pointues en question.

Fleux, 39 rue Sainte Croix de la Bretonnerie. Ce sont trois boutiques remplies de déco et de choses que l'on a envie d’acheter sans aucune raison. Je répète, trois boutiques dans la même rue. C’est aussi une belle option en cas de cadeau de dernière minute ou de dimanche sans plan. Même idée avec le concept store Merci, 111 boulevard Beaumarchais. Attention, ces endroits sont libres d’accès mais les étiquettes sont là pour nous rappeler nos budgets serrés d’étudiants.

La Terrasse des Archives, 51 rue des Archives, et Le Roi de Piques, 126 rue du Temple. Deux brasseries agréables si l'on veut se mettre en terrasse (et regarder un match pour la deuxième). La première est légèrement plus chère, mais les deux offrent une cuisine honnête alors why not. Sans oublier qu’une terrasse à Paris, c’est comme beaucoup de choses, ça a un prix.

Alain Miam Miam, accès au Marché des Enfants Rouges par la rue de Bretagne et la rue Charlot. Alain Miam Miam promet les meilleurs sandwichs du monde. Vrai ou pas, il faut les goûter pour se faire sa propre opinion. A mon avis, ça vaut le détour rien que pour rencontrer Alain qui est un véritable personnage du quartier. Et puis, si on attend toujours trente minutes avant de se faire servir tellement il y a de queue, c’est parce qu’à l’avis général, ces sandwichs sont excellents. Les galettes sont toutefois à éviter, elles présentent moins d’intérêt que les sandwichs généreusement remplis. N'hésitez pas à faire un tour dans Le Marché des Enfants Rouges qui regorge de stands de cuisine du monde à tester. Pour la plupart, des espaces avec des tables sont prévus. Ça n’est pas le cas pour Alain Miam Miam. Le mieux reste de sortir rue de Bretagne et de traverser pour aller s’asseoir dans le Square du Temple, juste en face de la Mairie.

Chez Omar, 47 rue de Bretagne. Jamais testé mais il parait que c’est un des meilleurs couscous de Paris. En plus on y croise du beau monde d’après les stories de mes abonnements Instagram.

Le Pain Quotidien, 8 rue de Bretagne et 18-20 rue des Archives. Je sais que c’est une chaine et que ça n’est pas donné, mais j’aime quand même y aller en matinée pour boire un cappuccino et regarder les gens passer. C’est un lieu de rendez-vous sympa et en plus les tartines ne sont pas trop chères si on veut se faire un vrai petit déj.

Pastavino La Bottega, 19 rue de Bretagne. Le midi ça parle italien, et les pâtes et paninis qui y sont préparés donnent envie de parler avec les mains et d’acheter des produits de l’épicerie face au comptoir ou dans la fromagerie à quelques pas.

Le Soma, 13 rue de Saintonge. J’ai toujours projeté d’aller dîner dans ce japonais sans même savoir pourquoi. La carte, la devanture… il y a quelque chose qui donne envie de s’y arrêter.

Pessic, 102 rue du Temple. Les Foodies, 6-8 Square Sainte-Croix de la Bretonnerie. La Strada, 94 rue du Temple. Autres endroits que je n’ai pas eu le temps de tester mais qui pourraient se révéler très cools. Les deux premiers pour des diners « importants » où l'on voudrait marquer le coup et le troisième pour un repas sur le pouce.

La Gaité Lyrique, 3 bis rue Papin. C’est à la fois une salle de concert et un espace de travail. Si, par malheur, vous devez plancher sur un devoir un week-end, allez-y. Mais dès l’ouverture à quatorze heure, foncez au deuxième étage pour avoir une place au Foyer Historique. Cette salle magnifique rend les heures de travail beaucoup moins pénibles.

Last but not least ; au mois de janvier va venir le temps du Festival du cinéma avec Télérama. Si vous n'allez pas souvent au cinéma, faute du prix de la place, achetez l’hebdomadaire à ce moment-là. Vous aurez le pass qui permet d’accéder à la diffusion des meilleurs films de l’année passée pour deux euros cinquante la place. Cette offre ne fonctionne que dans les cinémas Art et Essai comme le Luminor qui se trouve au 20 rue du Temple.

Voilà ma liste non exhaustive des endroits où se rendre dans mon quartier préféré. Il y en a beaucoup que je n’ai pas encore visités faute de moyens (notamment des hôtels et des beaux restaurants) ; ils feront l’objet d’une prochaine liste quand le temps sera venu. En attendant j’espère que vous apprécierez la visite du quartier. N’hésitez pas à me poser des questions et à vous perdre dans les rues, c’est le meilleur moyen d’en tomber amoureux.

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